/// Ha... ! Bordeaux... ! Ma ville... ! "La belle endormie" s'est réveillée voilà 10 ans et on en récolte les fruits délicieux aujourd'hui. Chauvine? Moi...? Heu... un peu oui sur le coup. Oui mais quand on habite une ville où il fait bon vivre on va pas se plaindre et pour cause c'est le jeu favori des français... Mais non. Je n'ai pas envie de me plaindre aujourd'hui. Je vous réserve ça pour un autre jour, parce que rassurez-vous c'est un art que je maîtrise à merveille...! ;-D

Je vous laisse donc à cette belle lecture ///

Bordeaux - Tellement plus élégante que Paris

Non seulement Bordeaux élève l’âme du promeneur occasionnel, mais en plus elle possède la splendeur harmonieuse de la capitale française sans en avoir l’arrogance.

18.11.2010 | Anthony Peregrine | The Sunday Times

Il y a trois excellentes raisons de se rendre à Bordeaux toutes affaires cessantes. Tout d’abord, vous en reviendrez grandi. Je ne veux pas dire par là que vous aurez gagné quelques centimètres (en revanche quel ques kilos en plus, c’est envisageable). Je veux dire que Bordeaux ne peut manquer de vous rendre plus cultivé et plus raffiné. 

L’harmonie néoclassique monumentale de la place de la Bourse et de la place de la Comédie produit en effet ce résultat. En s’y promenant, on a soudain plus envie de ramasser des détritus [qui entachent cette harmonie] que d’en jeter par terre. Longtemps les Français ont essayé de traduire la sophistication réelle ou supposée de leur caract ère national par l’élégance de leurs paysages urbains. Bordeaux réussit ce pari mieux qu’aucune autre ville française – mieux même (parce que plus concentrée) que Paris. Bordeaux est en fait une capitale qui attend son heure. 

Maintenant que vous voilà grandi, il est temps de se perdre dans le Bordeaux médiéval. Ici, le message spirituel délivré par de vieilles et belles églises se dilue progressivement à mesure qu’il parcourt le labyrinthe des ruelles faiblement éclairées et que les plaisirs de la chair prospèrent. Je parle là de magasins, de restaurants et de bars, mais d’autres plaisirs de la chair sont sans doute à portée de main pour qui les recherche. 

Deuxième raison d’aller à Bordeaux : c’est la ville de France qui s’est le plus profondément transformée. Dans les années 1990, les dernières activités portuaires commerciales ont été déplacées vers l’aval et les quais se sont retrouvés à l’abandon. Un soir, dans les années 1990, j’ai été abordé non pas par un, mais par deux prostitués. Si vous saviez à quoi je ressemble, vous comprendriez tout de suite le degré de désespoir auquel était réduit ce quartier central. 

La modernité s’est partout invitée 

Puis beaucoup d’argent et d’énergie ont été consacrés à la reconquête des quais. Les façades ont été restaurées pour retrouver l’éclat de la fameuse “pierre de Bordeaux”, un calcaire blond ou crème unique. Les trams se faufilent désormais dans les rues, avec leurs têtes arrondies d’orques. La modernité s’est partout invitée dans cette ville qui a longtemps pensé que son histoire suffisait à sa gloire. Elle sait désormais qu’il n’en est rien. Troisième raison de se rendre sur les bords de la Gironde : la ville est très abordable. 

Depuis la Grande-Bretagne, on trouve pour 120 livres [138 euros] un forfait découverte incluant nuits d’hôtel et de nombreuses activités gratuites. Les restaurants locaux servent des menus à trois plats pour une quinzaine d’euros, voire moins. Bien sûr, il y a le prix du voyage, mais c’est ainsi où que vous alliez en Europe. Sauf que Bordeaux est vraiment la plus élégante des villes françaises (et je ne dis pas cela à la légère). 

Alors que faire sur place une fois que vous avez été ébloui ? Essentiellement, flâner. Commencez par la place de la Comédie. Les colonnes et les arcades classiques du Grand-Théâtre donnent un avant-goût de la mission d’élévation de l’âme que s’est assignée Bordeaux. Vous avez devant vous le Triangle d’or, le cœur de la ville, où l’assurance du XVIIIe siècle éclate dans la so briété sophistiquée et les proportions parfaites de la pierre de taille. Embellie par ses avenues, ses places et ses jardins, Bordeaux est l’exemple même de ce à quoi doit ressembler une ville pour obtenir le meilleur de ses habitants. 

La leçon bordelaise ne s’arrête pas à ses fa çades mais se poursuit en multipliant les références flatteuses (statues, noms de rues) à Montesquieu et Montaigne, deux philosophes nés dans la région. Puis, juste à la sortie du Triangle d’or, on trouve le monument aux Girondins. La fontaine la plus politique de France représente la République, puissante et morale, sur un char conduit par de terrifiants chevaux marins, entourée d’hommes musculeux, de femmes dépoitraillées et d’angelots rubiconds. 

La Bourse et sa dimension magique 

Parcourez maintenant l’esplanade des Quinconces pour rejoindre les courbes des berges de la Garonne. Les façades des anciens chais attestent l’origine commerciale du style et de la ri chesse de la ville. On s’attendrait presque à croiser des hommes en redingote et chapeau haut-de-forme. Mais les chais ont été transformés pour accueillir des boutiques de vêtements de marque et des cafés 
lounge, où vous pourrez déguster un cappuccino. Derrière, les vieilles maisons marchandes s’entassent dans des ruelles étroites. Comblée par la distinction aristocratique des échoppes anciennes, la rue Notre-Dame est l’endroit où l’élégant Hugh Grant poserait sa caméra s’il devait filmer à Bordeaux. 

Revenez par le centre, entrez dans un fouillis labyrinthique de ruelles et découvrez tout un monde de bars et de restaurants. L’axe principal, rue Sainte-Catherine, propose plus de magasins que des jambes normales ne peuvent en supporter. Plus loin, le palais de la Bourse s’ouvre en demi-cercle sur une place et le fleuve au-delà. Il a pour lui la splendeur harmonieuse de Versailles sans en avoir l’arrogance. Après tout, c’était une Bourse du commerce à une époque où les traders étaient de vieux messieurs avec des perruques et des principes. Récemment, un “miroir d’eau” a été installé sur la place afin que le palais s’y reflète, donnant l’impression qu’une autre dimension, magique celle-là, est possible. L’effet est saisissant : il me semble que c’est le plus ravissant paysage fluvial qu’il m’ait jamais été donné de contempler. "

Pour compléter le tout, la dernière vidéo de mon homme sur les quais de Bordeaux... !